• Amor de lonh / Amour lointain

    Ainsi va la vie...

    Le jardin dépérit lentement,

    Le vent s'y est fait Rôdeur.

     

    La joie de la dame n'y rit plus,

    Au loin s'en est allé le Troubadour,

    Tristement s'enchaînent les jours.

     

    Elle a espéré patiemment son retour,

    Parmi les roses, genêts et lavandes.

    Elle a fredonné des jours durant

    Le chant de son amour ardent,

    Mais le jardin est demeuré vide.

     

    Le silence y a construit son nid,

    N'y apparaît plus la haute stature

    Au pas souple de chasseur, danseur,

    L'élégant magicien aux mots effeuillés,

    Musicien rebelle, au regard de plein ciel.

     

    L'odorante tonnelle ombragée,

    Chapelle de leur aérienne passion

    S'est faite sombre grotte.

     

    Las, n'apparaît plus mon bel ami,

    Et me voici en ces murs captive.

     

    De méchante solitude assiégée,

    Mon âme doucement se meurt,

    Comme ce triste jardin assoiffé.

    C'est l'été brûlant au dehors,

    Et l'hiver en mon cœur désolé.

     

    Las, n'apparaît plus mon doux ami,

    Parmi les roses, genêts et lavandes.

    C'est l'hiver en mon cœur désolé,

    Lentement mon âme se meurt,

    Trop loin chante le troubadour...

     

    Marie Christine Louvet

    Amor de lonh / Amour lointain

     

     

     

     

    « Le chant de la nuitPleine lune »

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  • Commentaires

    5
    Vendredi 9 Janvier 2015 à 16:11

    Superbe, merci Djedge! Miraval.... tout un monde...

    4
    Vendredi 9 Janvier 2015 à 13:18

    Je suis Raimon, de Miraval,

    En Cabardès, courtois seigneur,

    Je servais, loyal troubadour,

    Ma Dame en fidèle amoureux .

     

    Je n'allais qu'à l'Amour,

    Que je suivais, honnête et cordial,

    Jusqu'à l'arrivée du vautour,

    Dans les tours de notre jardin .

     

    Mon gai palais, construit d'air bleu,

    Était votre cœur excellent,

    Le caressait le Cerç venu,

    Porter mon chant vif et adroit,

    Jusqu'au merveilleux trésor :

    De votre chambre était la clé

    La Joie d'Amour que nous avons perdue,

    Avec notre jardin, si suave et beau .

     

    Car le Roi d'Aragon, valeureux,

    Ne put retrouver, seigneurial,

    Pour le Paratge, notre jardin,

    Que vola l'ennemi fatal,

    Tel un porc impie,

    Et devant tous honteux,

    Quand il nous chassa tels les Fils du Mal,

    Blessant mon cœur si douloureux .

     

    Vous ne m'entendrez plus, "Maï d'Amic",

    Rome et Paris nous ont bannis,

    Pour servir Dieu ils se sont maudits,

    En faisant taire mon prêche ...

    3
    Vendredi 9 Janvier 2015 à 12:10

    un joli poème mais en ce moment le troubadour se tait

    2
    Jeudi 8 Janvier 2015 à 15:26

    oui, bonne idée, merci !

    1
    Jeudi 8 Janvier 2015 à 14:07

    Joli !! BRAVO !

    En le lisant, m'est revenu un poème de troubadour justement, qui pourrait être sa réponse à ton beau poème ! Je le retrouverai !

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