• Azalée est libérée par Amanda

     

     

     

     

    Azalée est libérée par Amanda

     ... Depuis sa dernière tentative d'évasion, Azalée était enfermée dans une cage, sur la placette, nue, souillée, meurtrie. Parfois, des hommes passaient, l'aiguillonnaient de la pointe d'un bâton ou d'un couteau. Elle subit insultes, crachats et sévices en grondant comme une bête puis son esprit se replia sur lui même jusqu'à n'être plus qu'un point minuscule de l'univers.

     Dans la cage, son corps inerte attendait la mort comme un cadeau du destin.

     Mais, un soir, une lueur s'infiltra dans sa carapace, puis une voix lointaine, une voix de femme contenant une énergie débordante. Lui parvinrent aussi des cris; des cris de haine, de colère, douleur, des cris de toutes les couleurs qui la ramenèrent inexorablement au présent.

     Tremblante, elle cherchait à percer l'obscurité pour comprendre ce qu'il se passait. Debout, les mains agrippées aux barreaux, elle regardait les flammes avaler les maisons, les arbres. Sous un ciel de nuages tourmentés éclairés par une lune incertaine, un combat faisait rage, qu'à peine elle entrevoyait. Mais un regain d'espoir la faisait bondir d'un côté à l'autre, appelant à l'aide dans ce chaos.

     Soudain, une façade se fendit et s'effondra dans un terrible fracas. Dans sa chûte, elle projeta une poutre qui écrasa une partie de la cage. Blessée par les pierres et débis, le visage couvert du sang qui coulait de son crâne entaillé, Azalée devina plus qu'elle ne les vit les barreaux brisés et tordus et se faufila par ce passage en pleurant. Son esprit lui criait de fuir, la poussait en avant. Chancelant, trébuchant, elle avançait entre les gravats, les flammes et les corps, haletant, toussant dans la fumée âcre. Une main brutale lui agripa soudain les cheveux, l'entraînant en arrière. Elle se débattit avec la fureur du désespoir, griffant, mordant, frappant, hurlant de terreur à l'idée d'être capturée. Elle ne se souviendrait jamais comment elle tua le premier de ses assaillants, mais le cri de victoire qu'elle poussa à ce moment là, lui sauva probablement la vie. Tout en continuant à lutter contre les deux autres, elle entrevit une silhouette courir vers eux, guidée par leurs cris. Sans la moindre hésitation, l'apparition se jeta dans la mêlée. Quelques secondes plus tard, les deux hommes gisaient face contre terre, le coeur perforé par sa lame experte.

     Le feu avait envahi tout le quartier. La chaleur intolérable et la fumée poussaient les belligérants à s'éloigner. Dans l'air irrespirable, Azalée, hagarde, soutenue par un bras solide, avançait en titubant d'épuisement jusqu'à ce qu'elle s'effondre dans une herbe tendre.

     Le vacarme avait cessé quand elle sentit une main se poser sur son épaule, la faisant se redresser brusquement.

     "_N'ai pas peur, Femme. Tiens, couvre-toi, tu grelottes."

     La voix était ferme mais calme, une voix de femme. Azalée se blottit dans la couverture qu'elle lui tendait, reconnaissante de pouvoir s'y mettre à l'abri des regards, d'y trouver un peu de chaleur. Elle claquait des dents.

     Il y eut encore quelques clameurs et coups de feu puis ne resta plus que le ronflement du feu, hypnotique. Azalée ferma les yeux, se laissant glisser dans un demi sommeil.

     Une main doucement posée sur la sienne, un souffle près de son oreille... Elle frissonna.

     "_Réveille-toi, Femme.

     _Qui êtes-vous?"

     Ses lèvres meurtries avaient du mal à prononcer les mots. Elle se releva, endolorie.

     "_Mon nom est Amanda, et toi?

     _Azalée.

     _Belle plante..."

     Un fin sourire éclairait le visage de sa "sauveuse".

     "_Tu peux marcher?

     _Je crois.

     _Viens, il ne faut pas rester ici!"

     Elles rejoignirent un groupe d'une vingtaine de femmes armées, au milieu desquelles, protégées par elles, attendaient deux autres victimes de ces esclavagistes du chaos. On les aida à monter dans un camion bâché, chacune accompagnée avec douceur.

     Le voyage leur sembla durer une éternité, chacune enfermée dans un silence épuisé, n'osant se réjouir encore. Leur présent tenait en quelques mots: peur, faim, froid,et honte.

     Le camion s'arrêta enfin, après une ascention interminablement poussive.

     On les fit descendre avec les mêmes précautions. Amanda donna quelques instructions à voix basse et dit:

     "_Femmes, ici, vous êtes en sécurité. Vous allez suivre Isadora qui vous conduira aux bains et à vos chambres. On vous portera le repas ensuite, et vous pourrez vous reposer après toutes ces épreuves. Je vous aime, chères soeurs."

     D'un geste léger, elle effleura la joue d'Azalée et s'en fut sans rien ajouter.

     

    « perception...Libre Rose »

  • Commentaires

    2
    Marie des Collines
    Samedi 9 Janvier 2016 à 16:09

    Merci, Domie. Tu as fais le tour de la question... dans le cours de cette saga, les Femmes reprendront les rennes de l'organisation... au début d'une façon excessive, jusqu'à ce que tout s'équilibre... Pourvu que la réalité suive le mouvement !

    Bises

    1
    Samedi 9 Janvier 2016 à 09:05

    Bravo, c'est fort bien écrit, comme toujours, c'est une belle rencontre salutaire et libératrice, heureusement qu'il y a des femmes à forte personnalité, meilleures que les hommes en tout,

    c'est pour cela qu'on leur fait peur, et qu'ils essayent de nous dominer par tous les moyens, 

    bon samedi

    bises

    DOmie

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