• comme une journée d'été

    comme une journée d'été

     

    Chaleur écrasante…

    J’attends, dans la voiture, à l’ombre… quelle chance !

    À droite, la bâtisse de la maison de retraite, volets clos, c’est l’heure de la sieste. À gauche, un parking et une courette pleine de vieilles ferrailles rouillées, une maison aux volets mi-clos. On se garde de cette soudaine chaleur.

    Le son d’une TV perce le calme. Une de ces séries de l’après-midi qui aident à digérer les frites…  Entre le bruit des moteurs des quelques  voitures qui circulent, c’est presque sinistre en fait.

    Même l’air est chaud à respirer, desséchant. Des tourterelles invisibles se répondent  dans le soleil de plomb. Nous ne sommes qu’ en mai…

    Un vieil homme avance à petits pas, pantalon gris avec ceinture, remonté jusqu’au dessus du nombril. Du coup, il a un bon feu de plancher qui montre des chaussettes à carreaux sortant de mocassins rustiques marrons. La chemise à carreaux, elle aussi mais pas les mêmes que les chaussettes est prisonnière du pantalon.

    Il avance à pas hésitants, sous son béret et sa bouche sans dents raconte une histoire silencieuse à ses oreilles déployées. Je n’ai pas vu ses yeux. Dans mon souvenir, l’image est en noir et blanc, pourtant…

    Le chant des tongs… clip, clop, clip, clop. Elles sont rouges. Mon regard remonte de leurs pieds jusqu’à un visage de femme qui me sourit un bonjour plaisant .

    Deux femmes, dans l’age, s’assoient dans l’abri de bus. Comme je ne les connais pas, je les nommerais Raymonde et Lucette.

    Raymonde lit à haute voix le rapport de radiologie de Lucette et s’exclame :

    « _Bé c’est pas si grave, ça va !...

    _Mais quand même j’ai une fissure !

    _C’est marqué PETITE fissure…

    _Tu veux que ça s’agrandisse si je fais rien ? »

    En souriant, je m’imagine cette petite fissure de son radius s’agrandissant comme la faille de San Andréas, titanesque !

    Et les deux dame de commenter les mérites des médecins du coin, d’échanger leurs astuces pour obtenir un rendez-vous rapide même quand c’est bondé, et de comparer leurs problèmes de santé respectifs. Tout un programme !

    Elles sont arrivées, bras dessus dessous, en soufflant comme deux locomotives à vapeur, vêtues de couleurs vives. Coiffeur, régulièrement pour Raymonde, moins souvent pour Lucette. A leur place, je changerais de coiffeur…

    Mais bon, les goûts et les couleurs…

     

    15.05.2017. MCLouvet

     

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