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    Azalée est libérée par Amanda

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  • _Allons chez moi, j'ai froid...

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    Arkan et Iléa, seconde rencontre, au lac.

    Debout, au bord de la falaise, droit, tendu vers le soleil couchant, le visage resplendissant de bien-être, Arkan se préparait à plonger. La lumière était de miel et d'or dans l'incendie de l'astre à son déclin. Il savourait le calme du lieu puis il prit une longue inspiration et s'élança dans le vide et le silence. Oubli...Son corps décrivit trois saltos successifs parfaits avant de pénétrer l'eau fraîche.

     Quand elle le vit s'élancer, Iléa tressaillit. La hauteur était impressionnante. Peu nombreux étaient ceux qui tentaient le plongeon depuis là haut.

     Elle fit quelques pas en avant, pour voir s'il remontait à la surface, avec un pincement au cœur. Et, quand il jaillit de l'eau en s'ébrouant, elle a poussé un soupire de soulagement.

     Il s'est mis à nager vigoureusement vers l'autre bord et en est revenu à la même allure puissante et rapide.

     D'un mouvement souple, il est sorti de l'eau, s'est redressé et a fait quelques pas vers ses vêtements tendus aux buissons. Mais, entre eux et lui, ses yeux ravis ont rencontré la Sorcière.

     Elle, le voyait à contre jour, solide esquisse dans la lumière décroissante.

     

     « _Le bon soir, belle sorcière. Je suis content de te retrouver.

     _Moi aussi », répondit-elle à mi-voix, surprise d'être si émue.

     

     Il se sentit rougir, se rappelant dans quelle tenue il était, et reprit :

     

    « _Si tu permets, j'aimerais récupérer mes vêtements, derrière toi... »

     

     Réalisant qu'il était entièrement nu, elle eut un sourire à la fois gêné et amusé et se détourna un instant en s'excusant de l'avoir surpris. Il a enfilé caleçon et pantalons et a demandé:

     

     « _Alors, maintenant que je suis dans une tenue décente, me diras-tu ce que tu fais seule ici, dans la nuit, ou suis-je indiscret ?

     _Je partais aux cascades me baigner et... »

     

     La gorge nouée, elle a laissé sa phrase en suspens. Maintenant qu'il n'était plus à contre-jour, elle s'est senti défaillir à la vue de son torse et de ses bras couverts de cicatrices. Des images se superposaient à la réalité, où elle le voyait aux mains de Saphira, et quelque part dans la région des sylves, puis jouant de cet instrument qu'elle aime tant, et aussi dans la forêt. La réalité reprit ses droits et les images disparurent. Il se retourna pour récupérer sa chemise, les dents serrées. Son dos portait les mêmes souvenirs de la violence et de la folie de cette femme cruelle... Iléa frissonna. Le soleil était passé de l'autre côté de la montagne. Revêtu, Arkan se tourna vers la jeune femme :

     « _Je suis désolé, j'avais presque oublié... C'est pour ça que je me baigne souvent la nuit, quand il n'y a personne. 

     _Moi aussi. », répondit-elle d'une voix blanche.

     

     Arkan revit ces instants surréels, où elle l'avait fait danser dans ce flamboiement d'énergie, le mettant hors de portée de Saphira...

     Elle avait baissé la tête, le cœur battant et, quand les mains de l'homme s' étaient posées sur ses épaules, elle avait violemment sursauté. Des mains fines, fortes et douces. Des mains ayant donné l'amour et la mort, elle le percevait clairement.

    Mais elle sentait aussi son énergie rayonner comme le soleil et envahir son propre corps, lui insuffler la chaleur de la vie qu'elle avait presque oubliée avec la mort de Roman.

     Arkan, cet homme qu'elle avait senti agoniser de longues heures... et qui, délicieux bourgeon d'espoir, ... , souriait dans la pénombre.

     Il avait fait glisser les minces bretelles de sa robe, dévoilant son buste, avec un profond respect, bouleversé, lui aussi. Il avait caressé légèrement la peau douce et lisse de ses cicatrices et avait déposé un baiser délicat au creux de son cou avant de l'aider à se revêtir et de l'enlacer, mêlant les couleurs de leurs âmes en un bouquet de tendresse.

     Dans son geste fougueux et protecteur, il y avait la reconnaissance de l'autre et, en filigrane, l'acceptation de soi-même. Ils étaient restés longtemps serrés, corps à corps, sans parler ni bouger, chacun bercé par le cœur et le souffle de l'autre. Pacifiés. Épurés.

     Tendresse de la mousse. Parfum, chant des corps. Les étoiles avaient changé. Les brumes sortaient du lac... Iléa frissonna, ses pieds nus dans l'herbe étaient glacés.

     « _Allons chez moi, j'ai froid. »

     Il avait récupéré ses bagages et passé son bras autour de ses épaules, lui offrant sa chaleur dans l'abri de sa cape. Ils avaient marché paisiblement jusque chez elle. D'un geste léger, elle avait ouvert la porte, l'invitant d'un geste, à entrer.

     


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    Salomon marche...

     

    Il a marché, de jour et de nuit,

    Sous des pluies torrentielles.

    Il a marché sans répit,

    Sous la brûlure du soleil.

    Il a marché, pleurant et grelottant,

    Dans la neige épaisse et silencieuse.

    Il a marché, enivré de vent,

    Chantant de crêtes en sommets.

    Il a marché plein de joie,

    Dans l'air frais du printemps.

    Il a marché en hurlant,

    Fuyant sa propre folie.

    Il a marché criant aux étoiles,

    La douleur de sa déchéance.

    Il a marché jusqu'à tomber,

    Face contre terre, épuisé,

    Et il a pleuré...

    Il a pleuré, de colère et de honte.

    Il a pleuré de peur et de désespoir.

    Puis il s'est endormi, enveloppé de silence,

    Enfin... Je me suis éveillé, baigné de rosée.

    Je me suis éveillé, émerveillé.

    Le Nouveau Monde était né,

    Et j'ai prié, j'ai remercié,

    Pour cet instant de pure grâce.


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