• La Chanson d'Après, journal D'Azalée

    Rencontre de Gaucelm:

    Hier, j'ai bien failli tuer quelqu'un. Ça aurait été presque un accident.

    J'étais entrée dans une maison, pour me mettre à l'abri du mauvais temps, Boulet, (c'est comme ça que j'ai appelé le chien), collé à mes jambes. On était trempés et dégoulinants.

    Il faisait sombre dedans. J'ai posé mon sac puis j'ai perçu, senti un mouvement sur ma droite. J'ai sorti le flingue, glacée de peur. Le mouvement s'est dirigé vers la porte. J'étais entre quelque chose et la porte ! J'ai complètement paniqué. Le coup est parti. J'ai entendu un cri, puis un bruit mat de chute.

    Boulet aboyait comme un fou. Le vent s'engouffrait par la porte qui s'était rouverte, ajoutant à ma confusion.

    J'ai entrevu une forme recroquevillée sur le sol qui balbutiait :

    « _Par pitié, ne tirez pas ! Ne tirez-pas ! »

    Une voix d'homme. Il s'est assis, dos au mur, mains tendues en avant.

    « _Calmez-vous ! Je ne suis pas armé... »

    J'étais bloquée, transformée en statue, l'arme toujours pointée sur lui. Je devais avoir l'air d'une folle. Il a repris :

    « _Baissez cette arme, je vous pries. »

    Il était aussi haletant que moi, souffrant du même mal : la peur glacée et gluante. C'est Boulet qui m'a sortie de cet état. Il s'est approché du type, lui faisant comme un bouclier et s'est mis à lui lécher les mains en frétillant.

    J'ai baissé mon arme. Le gars serrait le chien dans ses bras en enchaînant les « merci » comme un mantra puis il s'est relevé lentement .

    « _Reste loin !

    _Calme. Je cherchais juste un abri, comme toi !

    _ C'est ta maison ? »

    Il m'a regardée, comme s'il avait fait une découverte très importante, et il a dit :

    « _ On pourrait peut-être s’asseoir, pour discuter, et même allumer un feu...

    _D'accord. Mais restes à distance !

    _Rassure-toi, je ne vais pas te sauter dessus !

    _Je ne te connais pas...

    _Ah oui, commençons par le début, les présentations, tant que nous sommes encore un peu civilisés.

    Moi, c'est Gaucelm Pistoleta. J'arrive du Tarn.

    _Moi c'est Azalée. »

    On a trouvé des bougies et allumé un feu dans l'insert tout propre. Il y avait des conserves dans les placards et du gaz pour cuire. Je me suis changée dans la salle de bain, l'arme à proximité, et on s'est préparé un festin de roi.

    Mais je n'étais pas tranquille. Je gardais Gaucelm à l’œil.

    Il mangeait lentement, s'essuyant régulièrement la bouche dans sa serviette. Je me souviens avoir eut une seconde envie de rire, tant cela me paraissait décalé. Et je m'étais dit que, finalement, un peu de bonnes manières ne pouvaient pas nuire.

    On a fini le repas par un bon café, chacun d'un côté du poêle. Il gardait ses distances, sans que j'aie eut à le répéter, et c'était exactement ce qu'il me fallait .

    Finalement, on s'est installés pour dormir, lui sur un matelas à terre et moi sur le canapé.

    « _ Gaucelm, Je ne sais pas si je peux te faire confiance, mais j'ai besoin de dormir. Je garde mon arme près de moi, alors ne t'approche surtout pas.

    _ Pas de souci. Je sais bien que ça ne t'assure de rien, mais, promis, tu peux dormir tranquille, parce que c'est ce que je vais faire, moi aussi. Bonne nuit, Azalée.

    _Heu... merci, toi aussi, Gaucelm. »

    Il s'est tourné et a rabattu la couverture sur sa tête.

    J'étais un peu gênée de le traiter ainsi... Il n'avait pas l'air si dangereux.

    « La Chanson d'Après, Barbarie »

  • Commentaires

    3
    Mardi 24 Mars 2015 à 23:46

    il faut vraiment avoir confiance

    2
    Dimanche 22 Mars 2015 à 19:01

    avec plaisir, Domie, belle soirée à toi, bises.

    1
    Dimanche 22 Mars 2015 à 18:55

    J'ai bien aimé, j'avais hâte de lire la suite ou une partie, je suis bien contente,

    merci pour ce moment de lecture fort agréable,

    bonne soirée

    bises

    Domie

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