• La "Chanson d'Après", MCLouvet

    Saga d'anticipation néo-médiévale, dans laquelle le monde a changé, mais pas tant que cela...

    Journal de Norbert

     Le Pic de Bugarach

    La "Chanson d'Après", MCLouvet

    extrait du premier manuscrit:

     La fin du monde a surpris les Hommes. La fin de leur monde.

    Alors que nous vivions depuis des années avec ces rumeurs de guerres, avec ces conflits soigneusement gérés et entretenus, avec les bouleversements climatiques annoncés, en marche, doucement, la Fin du Monde est arrivée, par la petite porte, sur la pointe des pieds, presque timidement.

     

    Bugarach, chronique d'un événement annoncé ;

    et plus, si affinités...

     

    Journal de Norbert

     

    Tout a commencé en 2010. En décembre2010. Enfin, pour moi. Parce que, en réalité, cette histoire prend probablement sa source dans la nuit des temps.

    Toujours est-il que le village attire l'attention du monde entier. Et, si ça continue, on verra les journalistes camper sur le terrain de foot ! Ça ne fera pas plaisir aux enfants !

    Je ne croyais pas si bien dire !

    Bugarach, un petit village de l'Aude, à peine en France, pareil à bien d'autres, hormis un petit détail : le Pic, le Pech, le Mont Bugarach. Le Lieu, le seul endroit où l'on pourra échapper à la grande catastrophe du 21.12.12. Un peu comme une arche de Noé, mais en moins flottant !

    Le 03.01.11, le téléphone sonne, une voix de femme, de je ne sais plus quel journal, me demande le numéro du maire. En prime, je lui donne celui de trois conseillers municipaux. Histoire de faire circuler la nouvelle offensive des journalistes. On commence à saturer...

    Et surtout, ils se débrouilleront bien tous sans moi !

    Et c'est ce qu'il s'est passé !

    L'année 2011 a été agitée. Tous ces fouineurs envahissaient le village par vagues successives, cherchant la moindre miette d'info, et repartaient plus ou moins bredouilles.Même si on était divisés sur beaucoup de sujets, cette affaire d'OVNI et de fin du monde avait un effet rassembleur, dans l’ensemble. « On » n'avait rien vu directement, on avait entendu dire que … C'est tout ce que ramenaient les interviews.

    Il n'y avait pas que les journalistes à la recherche d’informations, mais ce n'était pas nouveau. Il y a toujours quelqu'un pour vous demander :

    « _Et pour les OVNI, vous êtes au courant ? »

     

    Juillet 2012.

     

    Malgré tout ce qu'avaient avancé les mystiques, les voyants et les médias et autres agitateurs, il ne semblait pas devoir se passer grand chose. Le mois de juillet s'étirait lentement et le village vivait son existence sans grande agitation.

    Ce qui m'a interpellé c'est un événement qui s'est passé en Catalogne du Nord : une incendie qui a ravagé des milliers d'hectares et fit aussi quelques victimes humaines. Les autres êtres brûlés ne valaient sans doute pas qu'on en parle !

    On sentait l'odeur du feu amenée par le vent marin, et pourtant, deux cents kilomètres nous séparaient du sinistre...

    L'été qui avait eut du mal à s'installer était, à présent, caniculaire, et pas une averse n'était venue rafraîchir la région depuis des semaines.

    Je me pris à redouter que le feu, poussé par le vent, ne remonte vers nous. Et, comme toujours quand je crains un événement funeste, j'avais rassemblé dans un sac le strict nécessaire de survie. Je suis d'un naturel prévoyant. Mais si vous pouviez parler à mes voisins, ils vous diraient que je suis un brin paranoïaque. Évidemment, je suis le seul à avoir aménagé des caches dans les environs. Dans chacune d'elles, sont précieusement stockés des provisions, des bougies, une bonne arme avec ses munitions, une bouteille de rhum et de l'aspirine. Mais vous ne parlerez jamais à mes voisins car ils ne sont plus de ce monde et je ne vais pas m'en plaindre car, si nous étions plutôt unis face aux journalistes, un village de deux cents âmes regorge de rancunes, de conflits latents, détestations mesurées et retenues, jalousies diverses etc.

    Donc, même si l'on me faisait bonne figure au bar ou au croisement d'une rue, je savais pertinemment que mes concitoyens ne m'appréciaient guère, à en juger par les crottes de chien déposées nuitamment devant ma porte ou ma boite aux lettres et autres douceurs...

    Mais, ce qui me faisait plaisir, c'est que, finalement, je leur inspirais une peur irraisonnée, instinctive.

    J'ai acheté ma maison, sans en discuter le prix, d'ailleurs excessif. C'était une bâtisse très abîmée, coincée entre deux autres. J'ai fait faire les réparations par une entreprise extérieure, dédaignant le solide maçon local. Ma voiture noire aux vitres teintées ne plaisait pas non plus. On m'a crevé deux pneus peu après mon installation. J'ai déposé plainte pour la forme... Et une seconde contre ma voisine d'en face pour tapage nocturne. Et une troisième contre X pour harcèlement téléphonique et tentative d'intimidation. Faut se faire respecter ! C'est ce que disait mon père, pilier de bar à Toulouse depuis sa première cuite à treize ans.

    Suite:

    J'ai également fait installer une alarme et deux caméras. C'était en mai 2011. J'étais là depuis un an et demi. Il m'arriva de trouver encore parfois une crotte de chien devant ma porte, mais je me fis une raison : les chiens se fichent complètement des caméras !

     

    Je partageais mon temps entre de longues randonnées, l'observation des signes et les informations ;

     

    Chaque vendredi soir, à 19 heures, j'allais prendre un verre au bar, sans pour autant me mêler vraiment à la clientèle festive, n'échangeant que le strict minimum. Ils ont fini par s'habituer à ma présence, me considérant un peu comme un meuble. Mais, en tendant un peu l'oreille, j'étais au courant de tout ce qu'il se passait . Cela m'incita à me faire quasi transparent...

     

    Il y a aussi eut cette étrange découverte pas très loin d'un cadavre aux os éparpillés, en compagnie de 17000 euros et de documents sur Bugarach.

     

    Il y a un autre cadavre dans les collines, qui pourrit lentement, le crâne fracassé. Personne ne l'a trouvé, celui là ! Je pourrais même vous dire qui l'a tué, si cela avait encore de l'importance. Je noterais juste que « Les Défenseurs du Pic » avaient décidé de passer à la vitesse supérieure... J'ai sagement fermé ma bouche... Et puis, ils n'avaient pas vraiment tord. On ne pourra pas accueillir le monde entier, le jour  « J », alors...

     

     

    21 décembre 1212

     

     

    Le village a été bouclé par l'armée : personne ne passe ! On pouvait aller et venir avec nos passes, pareil pour les journalistes, les autres sont restés dehors.

     

    On a eut les flics à toutes les sauces : à pieds, moto, voitures, camions, 4/4, hélicos, à cheval...

     

    Et... rien ! Il ne s'est rien passé ! En tous cas, rien de ce qui était annoncé !

     

    Le temps a passé, le monde est toujours égal à lui même : pourri ! Il aurait mieux valu que tout s'achève.

     

     

    La "Chanson d'Après", MCLouvet

    Peu à peu, l'herbe s'installe, la nature reprend ses droits

    Journal d'Alba

     

    « _ Vous n'avez pas peur ?

    _Non, je devrais ?

    _Hé bien...

     _Parce que je suis une femme ?

     _Heu...

     _Perdu ! »

    Il rit un peu en grimaçant, une main posée sur les côtes. Il a probablement quelques fractures...

    « _Je n'ai pas peur de vous, mais je n'en dirais pas autant de celui ou ceux qui vous ont torturé. On est d'accord sur le terme ? »

    Il a hoché la tête ;

    « _Donc, vous êtes plutôt une victime, et vous n'avez rien à craindre de moi tant que votre comportement ne me semble pas dangereux. »

    Il a souri et, dans ses yeux, j'ai vu qu'il était droit et juste. On a roulé en silence. De temps à autres, il étouffait un gémissement. La route est en mauvais état, on était secoués... La nuit était tombée quand mon passager a refait surface pour me dire :

    « _Si vous voyez un gros Cherokee 4/4 noir, ne vous arrêtez surtout pas, c'est leur véhicule...

    _Ah, bon, merci pour l'info. Il nous reste vingt minutes de route, mais on ne sait jamais... »

    Il s'est de nouveau assoupi, jusqu'à ce que je m'engage sur la piste.

    « _Heureusement que j'ai trouvé ce petit 4/4, ma voiture ne passera plus ici ! »

    Il a acquiescé en serrant les dents, s'accrochant à la poignée de la portière. J'ai contourné la maison, garé le Lada dans les buissons qui le cachent entièrement. J'ai coupé le contact et éteint les feux. On a attendu un moment, aux aguets, puis je l'ai aidé à descendre et l'ai soutenu jusqu'à l'intérieur.Il doit faire 1,80m et il est solide. Il guérira vite.

    Je l'ai fait s'allonger sur le lit et l'ai en partie dévêtu.

     Il a dû passer des heures terribles, son corps en témoigne. Par chance, je suis médecin et j'ai amené mon matériel.J'exerçais à Perpignan. L'hiver passé, mon cabinet a été cambriolé deux fois. J'ai quinze minutes de trajet en voiture pour m'y rendre, ce qui m'a valu de me faire agresser un matin par une bande d'hommes avinés.

    Je n'ai dû mon salut qu'à l'arrivée inopinée d'un groupe de citoyens constitué en milice. La bagarre n'a pas duré, les malfrats ont préféré fuir... Les citoyens m'ont escortée pour me ramener chez moi.

    Je me suis laissée tomber sur le canapé, assise, pétrifiée et je suis restée « en panne » une bonne heure.

    Avec tous ces décès, et l'épidémie dont on ne savait quasi rien, je ne m'étais pas rendu compte que la ville devenait barbare.

    J'ai fait du thé et allumé la T.V., rien. Frisson. Pas de téléphone, pas de connexion. Je me suis recalée dans le canapé en grelottant. Et là, je me suis dit que je devais quitter Perpignan. Tout en savourant le thé brûlant, m'est revenu le souvenir de cette maison de famille que nous avions dans l'Aude, entre Cubières-sur-Cinoble et Bugarach. Mes arrières grands parents avaient acheté un morceau de terre et retapé la bâtisse délabrée avec le bois et les pierres trouvés sur le terrain. On y accédait par une piste de trois kilomètres.Personne n'y a habité régulièrement, mais on y a passé des vacances formidables. Pas d'électricité, l'eau à la source... Et c'était évident, je devais aller m'y installer.

    Le lendemain, à 6 heures du matin, j'ai chargé la voiture de tout ce dont j'aurais besoin, y compris tous les bouquins que je n'avais pas encore eut le temps de lire et de quoi écrire. J'ai ajouté la bombe paralysante offerte par mes citoyens-sauveurs et la dague de chasse accrochée dans le salon, mon héritage... Elle appartient à la lignée des femmes de ma famille.

    Et je suis partie.

    J'ai été surprise de circuler sans encombres. Les routes étaient quasi désertes. J'éprouvais un sentiment d'irréalité absolument, délicieusement, piquant. Le paysage était superbe. La dernière fois que j'étais venue remontait à deux ans...

    Je suis passée devant la piste sans la voir tellement la végétation avait poussé. Il m'a fallu faire demi tour et rouler au pas pour la retrouver. Je me suis engagée sur le chemin de terre puis la nature, bousculée par mon passage, s'est refermée derrière moi. Et c'était bien ainsi. Je serais à l'abri des regards.

    Le chemin était plein de nids de poules et ma petite voiture de citadine protestait.Elle ne pourrait pas faire ça très souvent...

    Quand j'ai coupé le contact, une fois garée derrière la maison, une sorte de jubilation m'a envahie ; J'avais fait le bon choix. J'étais chez moi. La clé était toujours à sa place, dans l'arbre creux. La lourde porte de bois s'est ouverte en grinçant. Je retrouvai l'odeur des lieux, bois, pierre, humidité, senteurs de la terre... Le faisceau de ma lampe dévoilait une cité de toiles d'araignées, dense et poussiéreuse. J'aurais un bon coup de ménage à faire ! Rien n'avait bougé. La pièce, meublée d'une table, quatre chaises, un lit dans un angle, et des étagères rudimentaires, était telle que je l'avais laissée.

     J'ai allumé une petite flambée dans le foyer, j'avais froid, puis je me suis préparé un sandwich que j'ai dévoré accompagné de jus de pomme. Le vent s'était levé et secouait la forêt énergiquement. Je me suis installée sur le lit, au chaud, dans mon sac de couchage. Le reste pouvait attendre. Difficile de décrire le bien-être que je ressentais après les semaines passées dans l'agonie de cette ville qui s'enfonçait, chaque jour un peu plus, dans le chaos.

    L'homme s'était endormi après que j'aie soigné ses blessures. Son souffle paisible emplissait la pièce. Son visage aux traits énergiques et réguliers, estompés par une barbe renaissante était détendu.

    Il m'a dit s'appeler Llordat de Montalba, mais je ne crois pas que ce soit son vrai nom. Ce qui est surprenant, c'est que mon prénom est Alba...

    Mon patient se débat dans des cauchemars fiévreux.

    Il est 22h, il fait nuit, je vais dormir aussi.

    Quand je me suis allongée sur le lit, hier soir, ( Il n'y a qu'un lit car mon frère a récupéré le reste du mobilier pour sa maison du bord de mer.), il a ouvert les yeux et m'a souri en s'excusant :

    « _Désolé d'envahir votre vie...

    _Ne vous inquiétez pas pour ça. Je me couche, avec vous car je n'ai pas envie de dormir par terre, mais n'y voyez aucune arrière pensée de ma part. »

    Ça l'a fait rire un peu, en se tenant les côtes. (J'ai diagnostiqué deux fractures.)

    J'ai remonté la couverture et il a ajouté :

    « _Excusez-moi, j'aurais bien besoin d'une douche... »

    Il est touchant. Sa voix me bouleverse étrangement.

    « _ Je vous promets que je vais vous aider pour la douche, mais demain matin, je suis épuisée...

    _Merci.

    _De toutes façons, je trouve votre odeur d'homme plutôt agréable... »

     

    Sa main s'est posée sur la mienne et il s'est endormi instantanément.

    à suivre...

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    3
    Mardi 17 Mars 2015 à 17:34

    un roman qui promet

    2
    Samedi 14 Mars 2015 à 18:05

    Cette saga n'est pas encore éditée, et même, pas encore finie, mais j'en poserai des extraits régulièrement, style feuilleton, comme tu dis, avec quelques photos, c'est une bonne idée pour les lecteurs, merci.


    sinon, je prépare un recueil de poésie avec TheBookEdition, ça a l'air pas mal, mais je vais regarder ceux dont tu m'as parlé.


    Bonne soirée également, Domie!


    Bises

    1
    Samedi 14 Mars 2015 à 16:31

    C'est le genre de saga que j'adore.

    Ton roman est-il édité ? Ou puis-je le trouver ?

    Si non, tu peux l'envoyer "aux nouveaux auteurs", "aux nouvelles plumes", il y a une rubrique science-fiction, héroïc fantasy. Les livres sont lus par un comité de lecture. Il est composé par Monsieur et madame tout le monde. S'il obtient la moyenne, il est édité gratuitement par la société. 

    Auteurs et lecteurs peuvent s'inscrire. J'y suis inscrite.  Tout le monde peut s'y inscrire, c'est totalement gratuit. Je télécharge gratuitement les "tapuscrits" (romans saisis informatiquement". Comme je lis un livre par jour, ça me permet d'avoir de quoi lire des thèmes diversifiés (thriller, aventure, SF, HH, et autre) tous les jours. Je fais ensuite une fiche de lecture, c'est le seul "devoir". Généralement, il y a 90% de fort bons auteurs. Ils valent souvent des écrivains connus.

    En tout cas, j'ai hâte de lire la suite. Si tu penses la mettre, style feuilleton.

    Merci pour cette seconde  découverte. J'en ai lu une partie tout à l'heure.

    Bises

    bonne soirée

    Domie.

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